Tome 1 concert des oiseaux

(la bataille des oiseaux)

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Le concert des oiseaux sous le sycomore de l’émergence.

En cet après-midi de janvier, une colombe blanche s’était élevée dans le ciel. Elle se tournait vers le firmament, traversant les mers et les océans. Comme la chouette de Minerve s’envole à la tombée de la nuit, je réalisais alors, le crépuscule de notre léthargie.

Mais les esprits de l’océan, craignant l’asphyxie des pêcheurs du rivage, soupçonnaient que la venue de nouveaux visages serait néfaste pour ses habitants.

Le vent de l’industrialisation qui soufflait à grandes enjambées vers cette nouvelle terre, avec son cortège de fléaux à l’instar de la pollution de la biosphère, ne faisait augurer des lendemains prometteurs pour l’atmosphère. Même si un sursaut de conscience planétaire à l’occasion de la conférence mondiale sur le climat qui se tint en décembre sur les hauteurs de la Senne, suscita émois, consternation et engagement de la part des leaders politiques d’aujourd’hui sur l’avenir de notre humanité.

Aussi, ce n’est qu’après de très longs périples et épuisantes journées de vol, que cette colombe aperçut-elle au loin un long rivage. Devant elle, se dessinait un beau paysage, un paysage tout nouveau, ô quel envol!

La colombe blanche s'approcha pas à pas de cette belle cité. Alors, elle se rapprocha bien de cet horizon tant prisé de telle sorte qu'elle se mit à planer. Elle apercevait les nouveaux citoyens de cet univers. Elle découvrait des populations aux mentalités évoluées et à la pensée développée, du point de vue politique, économique et socioculturel.

Ces êtres étaient multiformes, multicolores. Ils reflétaient la diversité dans l’unité. Pour la colombe, ceux-ci étaient spirituellement supérieurs, du reste par rapport à ceux de l’ancienne époque qui eux étaient plutôt mentalement peu avancés.

La colombe a ainsi mis pied sur la nouvelle terre ; et toutes les populations ont accouru, pour embrasser la toute nouvelle venue. Cela, c’était aussi un trait de leur caractère :

La foi, la charité et l’espérance,

La rigueur, le travail et la probité

La paix, le patriotisme et la bonne gouvernance,

La joie, l’Amour et la vérité.

La colombe a affectionné la culture musicale, cinématographique, culinaire de cet olympe. On lui a offert en partage pour son abnégation et sa persévérance malgré les obstacles, quelques biens de cette terre si simple

Or, diamant, gaz, pétrole, fer, eau, peaux d'animaux de terre et des airs.

Elle s'en retourna en disant non pas adieu mais au revoir ! Convaincue qu’elle y reviendrait dans une vingtaine d’années avec la république de la SANAGA dans son bec. Elle reprit donc le vol et survola la mer. Et lorsqu'elle mit pied dans son pays natal, on l'accueillit en héroïne nationale, car elle dit qu'elle avait vu une autre terre : la terre de l’émergence, la terre du développement.

La colombe montra à ses concitoyens, les produits rapportés de la nouvelle aire. On se mit à rêver de la nouvelle ère, tant ses produits étaient délicieux et divins.

L’espoir s’était ainsi posé sur le visage de la république de la SANAGA. On rêvait d’un pays émergent à l’horizon 2035. Cette patrie qui nous était chère, nous l’avions visualisée sur les plans politiques, économique, socioculturel, technologique, infrastructurel etc.

Celle-ci rêvait d’une nation où la démocratie aurait fait son lit au-delà des clivages ethniques et linguistiques. On rêvait d’un pays où l’intégrité aura fait son nid, où l’on parlera de richesse de la tribalité et non des méfaits du tribalisme.

Tel était le projet de la colombe blanche. Aussi, décida-t-elle de convoquer un concert musical pour chanter dans un gazouillis d’oiseaux, la prospérité de notre nation, l’avenir de celle que nous aimons.

C’était l’appel pour l’organisation de la campagne électorale sur le landerno politique du pays de la Sanaga, dont l’émergence était tributaire de la proclamation d’un nouveau Président.

La colombe blanche convoqua ainsi le cygne, l’hirondelle, le faucon, le corbeau et l’épervier. Elle prît une fois ses convives arrivées, la parole et dit :

Le Chef de l’Etat, Son Excellence NGONO, la colombe blanche : me voilà ravie d’entonner parmi vous toute vêtue que je suis des attributs de la paix, le chant de l’émergence. Laissez-moi en effet, soumettre à votre appréciation un sujet très important sur l’avenir de la république de la SANAGA, ce terroir qui nous sert de logis et d’abri ici sous ce sycomore.

Après avoir fait le voyage vers d’autres horizons et contrées où j’ai goûté aux délices de la paix et du développement, je voudrais suggérer qu’à notre tour, nous entonnons l’hymne de la prospérité et que nous y travaillons par nos talents personnels et collectifs afin d’arriver à construire une SANAGA émergente à l’horizon 2035. La ritournelle du développement et de la paix est ainsi donnée à qui voudra bien la fredonner!

Monsieur AMADOU, le cygne, prît la parole et commença par affirmer qu’il s’attarderait dès aujourd’hui à sonner le glas de la pauvreté et du VIH SIDA. Il s’engagea à donner sa voix pour dénoncer les pandémies de nature diverses qui font des ravages dans son beau pays. Le sous développement, la corruption, la gabegie, la gérontocratie, les détournements de fonds, les dictatures et tous les autres maux dont souffre sa patrie, il fit la promesse d’annoncer leur disgrâce par son chant, celui-ci étant sensé prévenir la fin de tous ces fléaux sociaux.

Son discours une fois terminée, le cygne convoqua madame l’hirondelle sur l’estrade pour la défense de son projet politique, elle qui est supposée annoncer le printemps !

Pour madame BANGUE, l’hirondelle, voici venu le temps de la promesse des fleurs. Oui voici que vient le printemps. Après la pluie fut-elle diluvienne arrive le beau temps avec son cortège de surprises. C’est simplement dire qu’après les grandes ambitions, adviennent les grandes réalisations et lesquelles cèderont la place aux grandes réussites. De politiques en politiques, de programmes en programmes, il n’est jamais trop tard pour penser le développement et aspirer à l’émergence.

Aussi, surgit-il le temps de penser l’industrialisation de la république de la Sanaga par le passage d’une agriculture de première génération à celle de deuxième puis de troisième génération. Pour se faire, l’économie numérique, la télémédecine, le développement du réseau routier, la mise en place de la TIC Education entendue Technologies de l’Information et de la Communication appliquées à l’éducation bref le commerce des services doit être promu et mis en place dès aujourd’hui. Ceci constitue le chemin par lequel la SANAGA devrait passer pour se frayer une place au soleil à l’horizon 2035.

L’intervention de l’hirondelle ainsi achevée, celle-ci interpela monsieur le corbeau.

En effet, monsieur KAMDEM, le corbeau, en tant que professionnel de l’éloquence et de la verve, en tant que spécialiste de la conviction et de la persuasion, et ragaillardi du titre de chef de la diplomatie, pensait bien apporter du sien au rayonnement de l’image de marque de sa contrée. Sachant bien que tout bon flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute, celui-ci avait pour rôle de bien vouloir redorer le blason de l’image de marque de la SANAGA sur l’échiquier africain et international. Il avait reçu la mission d’œuvrer en faveur d’une diplomatie de présence pour le peuple de la SANAGA dans le giron des Organisations Internationales en l’occurrence et dans le monde en général. En outre, il devait privilégier pour la résolution des conflits le recours à la force du droit plutôt qu’au droit de la force. Même si son homologue du Département ministériel de la défense pourra en des occasions exceptionnelles, faire échec à ce principe. Ce que le faucon ne démentit point.

Monsieur DIOC, le faucon, prît la parole et s’adressa à l’assemblée en interpelant ses membres. Il leur rappelait comme ils le savent si bien, que le Chef d’Etat, madame la colombe, a toujours privilégié la paix et la justice au lieu de la force armée dans la résolution des conflits ou des litiges. Le recours à la force armée a toujours été considéré comme l’ultime alternative. La guerre contre les partisans de la terreur et les réseaux mafieux en est une parfaite illustration. Après de multiples pourparlers infructueux, la SANAGA a du recourir à la force armée. C’est dans ce sillage que l’on pourrait s’ériger en Etat pacifique et non pacifiste. Quel est votre opinion à ce propos monsieur l’épervier ?

Monsieur Peter ARRY, l’épervier, déclarait pour sa part que son ramage ne pouvait que se raccorder à leur plumage. En tant qu’incarnation de la puissance, il représentait à la fois le hard et le soft power. Le soft power pour sa population quantifiée en terme de marché économique ; ainsi que le hard power pour sa force militaire structurée autour d’une armée, les deux formes de puissance devant se déployer davantage en Afrique Centrale puis dans le monde en général ; pour devenir un véritable pôle de développement.

Ce faisant, avec vos précieux concours, la SANAGA sera pensait l’épervier, un pays émergent à l’horizon 2035. Celui-ci s’engageait ainsi à veiller à la mise en œuvre des directives du Chef d’Etat, Son Excellence NGONO, la Colombe Blanche. Il serait le garant de toutes les promesses qui lui ont été faites par monsieur le cygne, ministre des affaires sociales, madame l’hirondelle, ministre de l’intérieur, monsieur le corbeau, ministre des Relations Extérieures, monsieur le faucon, ministre de la Défense et moi-même l’épervier, Premier Ministre.

Il règnera ainsi dans la république de la SANAGA la paix et la prospérité. Il ne s’agira point d’une paix qui se manifeste comme une absence de guerre, mais bien plus comme une paix qui révèle la quiétude et le bien-être profond de tous les concitoyens de la république de la SANAGA.

Cette paix, elle pourrait être chantée telle une lyre en tout lieu et en tout temps, en vers et contre tout. Dans un gazouillis à l’unisson, elle pourrait être célébrée unanimement et sans pression. En ce sens, l’émergence de notre belle SANAGA trouvera son encrage culturel dans les abyssales profondes des modes de conception de la paix et du développement.

Ce n’est qu’à ce prix que la belle dame, madame la colombe blanche, survolera de ville en ville, de contrée en contrée, de cité en cité, de village en village de la SANAGA pour y déverser les pétales de l’Amour et de la gaieté, de la joie et de la vérité.

Les jeunes, garçons et filles, hommes et femmes, personnes handicapées et personnes âgées, tous devront être imprégnés aux valeurs républicaines de la paix, du travail et du patriotisme. Tous devront ainsi pouvoir être sensibilisés sur les vertus de la vérité, celle-là qui est à l’origine de toute sagesse.

Du nord au sud, de l’est à l’ouest, tous devons-nous aussi prendre conscience du rôle qui est le nôtre dans l’édification d’une nation sanagaise. Cette prise de conscience collective devra ainsi se manifester à travers un sursaut d’orgueil personnel de chaque citoyen. Le changement des mentalités passera aussi par l’inscription des cours basés sur l’éducation civique et morale dans les programmes scolaires et académiques. La culture de la paix et du développement, tous deux gages de l’émergence, devant s’incruster dans les comportements et habitudes. L’allégeance à la nation, condition sine qua nunc de la prospérité, étant le point de mire de l’essor de la cité.

Dans cette perspective, nous devons être chacun responsable de notre destin et de celui de la SANAGA. A ce titre, aucun déchés, aucune ordure ne devrait être jetée sur la route du développement en l’absence de toute décharge. Ces ordures doivent être gardées sur nous jusqu’à la découverte d’un vidoir ou d’une voirie.

Ce n’est pas en effet, parce qu’il existe des ordures autour de nous que l’on doit nécessairement y ajouter les nôtres. La conservation de nos ordures dans nos sacs pour les reverser après dans les poubelles ne pourrait que révéler la volonté de chacun de nous de participer à l’œuvre d’édification d’une société salubre et donc, débarrassée symboliquement de tous pandémies et autres fléaux sociaux.

Ces gestes bénins transposés inconsciemment dans nos comportements et autres habitudes favoriseront ainsi un changement de mentalités viscéral quant à nos modes de perception de l’émergence. Toute chose qui va à rebours de la paresse, de la facilité et des forfaitures que l’on désire vite mettre à la poubelle, pour se remplir la gibecière de la rigueur, du travail et de la moralisation.

Ngono La Colombe Blanche.